Shell

Résumé de la crise

En octobre-novembre 2000, le pétrolier Ievoli Sun appartenant à la compagnie Shell fait naufrage à proximité des côtes anglaises et françaises.

Réactions des autres acteurs sur Internet

Suite au naufrage du Ievoli Sun, des sites contestataires font leur apparition sur le Net. Certains sites, qui avaient vu le jour après la catastrophe de l’Erika, ont repris l’information et consacrent une partie de leur site à l’évolution de la catastrophe et aux réactions de la société civile grâce notamment à des forums. Par exemple, le site web citoyen Radiophare.net né du naufrage de l’Erika, couvre dorénavant le naufrage de l’Ievoli Sun. Ce site se propose de recenser les bateaux à risque en les photographiant partout dans le monde. Un autre site, l’Ifremer, s’est préoccupé du comportement dans l’eau de mer des produits en cause, de leur toxicité, de leurs conséquences pour l’écosystème et de leur durée de vie.

Contenu du site Internet de Shell

Au 1 novembre 2000, aucune information n’était disponible sur le site de Shell France, pourtant responsable pour les 2/3 de la cargaison. Seul, sur le site de Shell Monde apparaissait un communiqué de presse d’une dizaine de lignes datant du 30 octobre 2000 faisant le point sur la situation. Ce communiqué (02/11/00) rappelle avec force que Shell coopère avec les autorités françaises sans toutefois fournir de détails réellement convaincants. De plus, la société tente de minimiser l’impact de la pollution tout en se défendant sur l’état du navire. Ce discours en retrait entraîne la suspicion. Une démarche plus volontaire sur le fonds et dans la forme doit forcément le relais, surtout si la pollution se confirme. 

Encore une fois, la puissance d’Internet n’est pas utilisée dans la gestion de la crise par la société incriminée, ce qui laisse le « cyber-champ » libre aux autres sites.

Ce manque de préparation face à une crise potentielle est assez surprenant, puisqu’en août 1999, Shell avait vécu une crise semblable lorsqu’un de ses navires, le Laura D’Amato, avait déversé son pétrole dans le port de Sydney. Un courriel a été envoyé à tout le personnel de Shell en Australie à 3 heures du matin la nuit du déversement afin que les employés soient mis au courant des derniers événements dès leur arrivée au travail le jour suivant. Au cours de la semaine suivante, le suivi a été assuré auprès des employés grâce aux courriels et aux messages sur les répondeurs relatant les nouveaux développements. Tous les communiqués de presse furent postés sur le site Internet de Shell. La page contenant tous les communiqués a reçu 300 % de plus de hits que la moyenne mensuelle normale.